Lefebvre Alfred, Constructeur, Industriel 80 Place Drouet-d’Erlon

L’an 1845 est comparu Lefebvre Antoine, 30 ans, scieur de long, domicilié à Trépail, déclare de lui et de Marie-Louise-Félicité Paul, son épouse, 25 ans, auquel il a donné les prénoms de Arthur-Ernest ?

1885  A côté de ce déplâtrage, un recollage au ciment ; Alfred Lefebvre, de Trépail, rue de l’Arquebuse, 2, et Constance Pécheux, de Trois-Puits, veuve de Arnold Défaux, de Saint-Brice.

1892 M. Dantzer, est un habitant de Reims. Son invention consiste en une machine qu’il appelle Remueur centrifuge et mécanique des vins mousseux. Ce remueur a pour fonction de débarrasser les vins mousseux des impuretés qu’ils tiennent ; en suspension en forçant ces impuretés à se réunir contre le bouchon d’où on les extrait ensuite par l’opération du dégorgement. Comme on peut traiter à la fois une grande quantité de bouteilles dans cet appareil, il doit en résulter, au dire de l’inventeur, une grande économie de temps et de main d’œuvre sur le remuage actuel fait à la main. La théorie de son appareil parait bonne ; mais donnera-t’-elle les résultats qu’on en attend ? Toute la question est là. Jusqu’à présent, on a constaté que le remueur centrifuge débarrassait les vins mousseux du dépôt lourd qu’ils contiennent ; mais qu’il était impuissant pour enlever en même temps le dépôt léger qui reste encore en suspension dans ces vins et qui les trouble. En présence de ces résultats, la commission du 12e concours ne peut donner que des encouragements à l’inventeur en l’invitant à perfectionner sa machine à laquelle on pourra réserver plus tard une des récompenses de la société.

Reste enfin, pour dernier candidat, M. Alfred Lefèvre, constructeur d’appareils de chauffage et d’hydrothérapie, place Drouet d’Erlon, 80, à Reims. Ici, nous nous trouvons en présence d’un homme qui n’en est plus à ses débuts et qui peut montrer dans tous les quartiers de la ville de Reims des travaux importants faits pour lui, et je m’empresse d’ajouter qui ont pleinement satisfait ceux qui les avaient commandés. A l’hôpital général, à Saint Marcoul, à l’asile de nuit dans les établissements de bains, chez les apprêteurs d’étoffes, chez les fabricants de bouchons, enfin dans les restaurants, partout, M Lefèvre a su comprendre les besoins de ses clients et leur donner satisfaction sous tous les rapports. Il est bon de vous dire ici que M Lefèvre n’a jamais travaillé au rabais. Ses constructions sont toutes intelligemment agencées et solidement établies, de manière à pouvoir durer longtemps ; cela lui permet d’offrir à tous ses clients et de leur garantir pendant 18 années consécutives l’usage des appareils qu’il leur a fournis. Il est en outre l’inventeur d’un certain nombre d’appareils de chauffage, entr’autres de l’Escargot rémois et du poële Fulgore. Enfin, il a pris un brevet pour garantir de la fumée les cheminées en plaçant à leur sommet un tuyau spécial en tôle galvanisée auquel il a donné le nom de Malgré tout. Cette quantité de travaux particuliers intéressants et d’inventions diverses était bien faite pour attirer l’attention de notre société ; mais le candidat nous a paru plus sympathique encore quand nous avons appris qu’il avait débuté dans l’industrie à un âge assez avancé et comme simple ouvrier fumiste, de sorte qu’il ne doit qu’à son intelligence, à son courage et à sa bonne conduite la haute situation industrielle qu’il occupe aujourd’hui dans la ville de Reims. Son usine est un établissement modèle. Ouvriers et patron vivent côte à côte en bonne intelligence. Le patron, qui a besoin de ses ouvriers, les traite avec douceur et générosité. Les ouvriers de leur côté sont très dévoués pour celui qui leur procure pendant toute l’année un travail assuré. Ils le respectent, lui obéissent et lui donnent, toutes les fois qu’ils en ont l’occasion, des témoignages d’estime et de reconnaissance.

Tel est notre dernier candidat. Il nous a paru tellement méritant que nous n’avons pas hésité à lui décerner une médaille d’or qui va lui être remise, en notre présence, dans quelques instants.          Fismes, le 19 août 1892.

Au 80 de la place Drouet D’Erlon reconstruction d’un immeuble de rapport en pierre. Très originale maison-colonne, se situant nettement dans le courant électique le plus volubile et évocateur, œuvre commune de Bellou, Bellanger et Collet (1924).

1909/1912 Lefebvre Alfred-Ernest, constructeur d’appareil de chauffage

Collection de soixante-seize plaques de cheminée en fonte, du 16e siècle au commencement du 19e siècle, appartenant à M. Alfred Lefebvre, constructeur, architecte, 80, place Drouet d’Erlon, à Reims. N° 1516 du Catalogue.

Cette belle collection, probablement l’une des plus importantes de ce genre réunies par un particulier, offre les types les plus variés en armoiries, scènes historiques, mythologiques et morales, fantaisies décoratives, etc. Le Catalogue la décrit suffisamment, article par article, mais nous tenions à en faire connaître l’existence et à en souhaiter le développement. Elle est déjà digne de l’envie d’un Musée.

C’est par cette série que nous terminons notre revue, la souhaitant fructueuse dans sa brièveté pour les membres du Comité qui s’intéressent aux expositions provinciales et les encouragent de leurs suffrages éclairés. Henri Jadart

Réunion des sociétés des beaux-arts des départements.

L’ancienne Collection des plaques de foyer de M. Alfred Lefebvre Place d’Erlon, 80, Reims. La Ville de Reims vient de perdre une de ses attractions, une de ses curiosités les plus pittoresques avec la vente d’une collection de plaques de foyer, vulgairement appelées « taques », qui s’étageaient sur les façades latérales du chartil de M. Alfred Lefebvre, constructeur, sur la droite de la Place Drouet-d’Erlon. Sous cet abri hospitalier, toujours ouvert au passant, il était loisible de contempler un ensemble de plus de trois cents de ces pièces de fonte, à  la fois artistiques, héraldiques et historiques au premier Chef. On avait là une série entière, comme on n’en rencontre que fort peu en France, une série de provenance locale, champenoise, ardennaise et rémoise, qui se peut comparer à celle qu’expose, non sans fierté, le Musée Historique lorrain à Nancy.

Il a été malheureusement impossible de prévenir la vente (qui s’en est faite à l’étranger), en acquérant pour le futur Musée Historique de Reims la collection obligeamment, et avant toute autre tentative offerte à la Ville de Reims par le possesseur pour une somme de dix mille francs. Les crédits du Musée ne pouvaient y suffire. A défaut de cet arrangement, la collection entière de 310 plaques fut vendue à peu près sur le même taux et partit pour la Belgique sur la fin de Janvier 1912.

Nos belles plaques rémoises se trouvent donc désormais confondues dans un magasin contenant déjà plus de 600 plaques du même genre, chez MM. Monnaie, père et fils, 66 rue du Président, à Bruxelles. C’est là que devront s’adresser ceux qui voudraient acquérir l’une des pièces de la collection Lefebvre, et nous leur conseillons d’agir au plus vite, car la curiosité est éveillée en Belgique, et plus loin sur ces émigrés de la France.

Jetons maintenant un coup d’œil rétrospectif sur le trésor perdu à sa source et racontons brièvement sa formation ; remémorons ses richesses d’après nos souvenirs et les renseignements fournis avec amabilité, non sans regrets, par l’auteur même de la collection.

Alfred Lefebvre est l’un des nôtres, originaire de Trépail, propriétaire d’un domaine à Villers-Marmery, et versé dans la connaissance des richesses qu’il avait amoncelées. Il s’était procuré l’ouvrage de Pierre Paillot sur le blason pour étudier les armoiries de ses taques, et une belle édition des Métamorphoses d’Ovide pour en découvrir les sujets mythologiques. Il avait mis trente-deux ans, nous a-t-il dit, pour atteindre ce chiffre considérable de plus de trois cents plaques, profitant de ses opérations commerciales à Reims d’abord, dans les Ardennes, autour d’Orval et de Sedan, dans la région de Vouziers aux abords des anciennes forges de l’Argonne, et aussi dans la région champenoise de Vertus, d’Avize et de Châlons. De ces coins divers, les vieilles taques du 15e au 19e siècle s’étaient réfugiées pour un temps sous un abri rémois.

Sur le total de ces pièces acquises, il en est peu qui aient été revendues. Nous citerons cependant la belle taque de Jean Maillefer (1691), revendue au prix de 400 francs à un amateur étranger, qui prit le marchand au mot à ce chiffre élevé. M. Ch. Hemmerlé acquit une pièce historique qui restera dans la contrée, et M. Huges Krafft deux autres, dont la plus belle, reproduite ci-contre, offre le blason du ministre Louvois et provient du célèbre château qu’il construisit au village de ce nom, chef-lieu de son marquisat. On y voit les armes de François-Michel Le Tellier, Marquis de Louvois (1641-1691), et celles de sa femme Anne de Souvré, Marquise de Courtanvaux ; leurs armoiries sur la taque sont réunies dans un écusson parti à dextre ; d’azur à trois lézards d’argent posés en pal, au chef cousu de gueules, chargé de trois étoiles d’or, qui est Le Tellier, et à senestre ; d’azur à cinq cotices d’or, qui est Souvré.

Que d’autres plaques avec blasons précieux pour notre histoire régionale ont disparu d’ici, sans être dessinées ! Il en est que l’on retrouvera ; la taque de Jean Rosen, dont il reste un exemplaire à Sapigneul ; la taque de Bernard de Montgaillard, abbé d’Orval, qui a paru dans la Revue historique ardennaise ; celle de la famille d’Estivaulx portant un phénix sur un arbre, avec la devise ; Paulalim evanesco, qui existe encore dans un château des environs de Vouziers. Nous ne pouvons malheureusement entrer dans plus de détails, car il faudrait dresser toute une monographie de nos taques locales.

Un aperçu nous restera de la collection Lefebvre dans l’état où elle fut exposée à Reims au Palais archiépiscopal en 1895. Elle n’était que le quart de la collection de 1912. Néanmoins ceux qui ont vu ce remarquable ensemble sur les marches de l’escalier en fer à cheval, en avant de l’Exposition rétrospective, n’oublieront pas ce curieux tableau. Le Catalogue nous en donne rémunération très fidèle pour 76 pièces, avec une description assez minutieuse. Nous y avons compté vingt-quatre pièces aux armes de France, avec les attributs, les devises et les ornements les plus variés ; Au cœur royal. Vive le roi Henri très chrétien, Cor colrtum régit sibi Deus. Seul contre tous, etc.

Les armes, ou seulement les noms d’anciens établissement rémois avaient une saveur particulière ici ; la Ville de Reims. L’Hôtel-Dieu. Le Chapitre, la Colombe apportant la Sainte Ampoule, etc. En dehors du blason, que de scènes sacrées ou profanes, morales, mythologiques, se déroulaient sur ces taques qui avaient décoré le foyer de tant de familles, charmé leurs veillées au coin du feu et instruit leurs enfants ! Voici Adam et Eve, la Paix, deux Anges, Saint Nicolas bénissant, l’  Agneau Pascal, un Vase de fleurs, les Quatre Saisons, l’Hiver, la Justice, une Lyre, Samson avec le lion, le Sacrifice d’Abraham, les Adieux de Philippe Va Louis VIV, le Carnaval, la Reine Marie Lesczfnska, un Chien du Mont-Saint-Bernard sauvant un enfant, etc. Citons également les principaux sujets antiques ; Jupiter et Vénus, Vénus et Vulcain, Mars et Vénus, figures de la Renaissance, plaque qui se trouve aussi au Musée de Reims, le fugement de Midas, l’Amphitrite portée par un Triton, Bacchus, Cérès, ces deux dernières divinités dont le culte subsiste dans le pays champenois.

Voilà donc le mémento, l’adieu que devait bien donner la Société des Amis du Vieux Reims à une collection qu’on ne reverra jamais aussi complète dans nos murs. Sachons tirer de sa dispersion une leçon ; garder pour nous nos richesses en les sauvegardant dans nos maisons, ou en les léguant à un dépôt public dans la région.

1895 Alfred-Ernest est à Reims  Voir Villers Marmery 1899 industriel.

1899 Inauguration de la statue de l’abbé Paramelle à Villers-Marmery. On sait que l’abbé Paramelle, originaire de Saint-Céré (Lot), à naguère publié, à la suite de longues recherches et de nombreuses expériences, un traité sur l’art de découvrir les sources. Or, dernièrement, sur les données de ce livre, M. Alfred Lefebvre, industriel à Reims, a découvert à Villers-Marmery (Marne), au sommet d’un bois dominant sa propriété, une source assez abondante.

En témoignage de reconnaissance  pour l’illustre hydrologue, M. Lefebvre vient d’ériger un monument sur le point où jaillit l’eau bienfaisante, et ce monument est tout à fait en harmonie avec le génie de l’homme qu’il va immortaliser. C’est une construction en rocaille au-dessus de la source et formant une sorte de grotte à laquelle l’art a donné les formes agrestes de la nature. La beauté du site, le murmure des eaux et la fraîcheur qu’elles répandent feront rêver les poètes de l’avenir.

La statue en bronze a 2m10 de hauteur, et la grotte en rocaille sur laquelle elle est dressée atteint une élévation de 18 mètres.

L’abbé Paramelle est représenté debout ; il tient son livre de la main gauche, et de la main droite montre la source qui coule à ses pieds.

La statue peint en blanc, tranche sur le bois et se voit de tous les points du territoire de Villers. De la plate-forme du rocher, au pied de la statue, on aperçoit trente-deux ou trente-trois communes. Le modèle a été exécuté par M. Jules Defaux au moment où il sortait de l’Ecole des Arts industriels de Reims. Le jeune artiste est devenu aujourd’hui le collaborateur du sculpteur Deschamps, auteur e plusieurs œuvres remarquables qui ornent l’Hôtel de Ville et le grand théâtre municipal de Reims.

Le dimanche 27 août a eu lieu à Villers-Marmery l’inauguration de la statue de l’abbé Paramelle. Le monument a été béni par M. le curé de Villers, entouré d’une partie des habitants du village, amis du sympathique industriel rémois.

1891 En bas de la Pleureuse passe un chemin qui vient des Faux et aboutit en oblique à Villers-Marmery à un endroit qui était avant 1914 un parc merveilleux. Cette propriété appartenait à M. Alfred Lefebvre de Reims, et il s’y trouvait une statue de l’Abbé Jean-Baptiste Paramelle, auteur du livre « L’Art de découvrir les Sources » et dont je suis adepte, élevée par ce propriétaire en reconnaissance de ce que, grâce aux indications du traité d’hydrologie de ce savant, il pût trouver et capter dans la forêt, non loin de sa propriété, une source abondante.

Ce monument bâti sur un rocher artificiel était haut de 18 mètres. De la plate-forme qui supporte la statue, on jouissait d’un pont de vue superbe sur la vallée de la Vesle et les Mots de Champagne avec un horizon étendu qui allait de Reims à Châlons. On y voyait 32 communes. Cette statue qui était en bronze et d’une hauteur de 2,m 10 était connue et vue de la population des alentours sous le nom de « Curé Blanc » parce qu’elle était peinte en blanc, ressortant sur le sombre de la forêt qu’elle dominait et se voyait de très loin.

Malheureusement, ce monument n’existe plus. Dans cette propriété, il y à deux superbes Faux, l’un en bas et l’autre au dessus de la source.

Le monument dédié à l’abbé Paramelle (1790-1875) fut élevé, après sa mort, en 1899, par Alfred Lefebvre, sur les hauteurs de Villers-Marmery. Une statue de l’abbé se trouvait à son sommet. Le monument s’est effondré en 1955. Son nom figurait sur les bouteilles d’un vin de champagne.

1912 Lefebvre Alfred industriel, place Drouet d’Erlon à Reims, cité par le docteur Vigen

1916 Villers-Marmery. Le 17 novembre 1916 à 9 heures enterrement de M. Alfred Lefebvre, propriétaire de Paramelle.

1959 Arthur Martin Lefèbvre-Bellezane & Cie 80, place d’Erlon Reims.

Hôtel de Brimont :

Dans le sous-sol, on peut toujours voir l’ingénieux système de chauffage, installé par l’entreprise rémoise Lefebvre-Bellezanne & Buard. De l’ancien calorifère, partait un certain nombre de gaines pour diffuser l’air chaud qui arrivait par le sol des pièces à travers des grilles de bronze. Chaque gaine était munie d’un clapet que l’on pouvait ouvrir et fermer à volonté, suivant les besoins. A chacune de ces clefs était suspendue, au moyen d’une chaînette, une étiquette en métal émaillé portant le nom de la pièce desservie.