L’ancien Cinéma Eden, avenue Jean-Jaurès

L’édifice se distingue par plusieurs caractères Art-Déco : ferronneries de Roze, volutes ioniques et stylisées, mosaïques et octogones.

Architecte Jules-Michel Gaislin. Permis de construire en 1929.

110 bis avenue Jean-Jaurès


 

 

 

 

 

 

En novembre 1929, l’Eden succède au Triumph-Cinéma, au 110, avenue Jean-Jaurès. Ce cinéma fera une grande et belle carrière. Cette salle excentrée est dirigé par un exploitant indépendant, avec une programmation Parafrance. C’est en outre dans cette salle que fut réalisée pour la première fois en France, une démonstration de film sonore.

Cinéma “l’Eden” 110 Bis, avenue Jean-Jaurès, Reims, anciennement “Triumph-Cinéma” propriétaire M. Perpère. 1928; Juillet. Reims, la ressuscité, vient d’être dotée d’une salle cinématographique qui compte parmi les plus belles. Son directeur, M. Perpère avait fait appel au talent d’un architecte réputé, M. Gaislin, spécialiste en ce genre de construction et dont les qualités artistiques ont permis de faire de cette salle un véritable enchantement pour le regard.

La façade dune conception très moderne, se pare de lignes sobres mettant en valeur la richesse des matériaux employés. Elle est revêtue d’un enduit de “Jurassile” jaune d’or saupoudré de petits grains de nacre pilée qui lui donnent un brillant incomparable. Le soir, un éclairage constitué par des tubes de néon, des projecteurs, réflecteurs et une enseigne lumineuse, créent une véritable féerie.

La salle est un chef-d’oeuvre de goût et de commodité. Les fauteuils confortables, disposés en quinconce, permettent une visibilité parfaite. Des loges luxueuses surplombent la salle. Le sol est un parquet de chêne et les allées sont recouvertes de tapis, genre Smyrne. Aucun bruit, même les jours de grande affluence. La décoration artistique et de panneaux décoratifs sur toile. Le plafond a été étudié spécialement pour assurer une acoustique de premier ordre aux films sonores.
Six grands lustres en fer forgé et des rampes latérales lumineuses assurent un éclairage surprenant qui met en relief les tons chauds des peintures et avec le fond, constitué par un immense rideau en velours orange, donnent une impression de bien-être et de douceur incomparable.

La cabine, aux fenêtres munies de verres Zeiss, permet des projections en dehors, sur la façade-nue. Elle comprend deux puissants appareils de projection du plus récent modèle, marque Ernemann-Iperateur et un dispositif sonore de la Compagnie française Tobis.

L’inauguration de l’Eden-Cinéma comprenait un programme 100% sonore composée d’attractions Tobis, parlées et chantées en français, en particulier des chansons d’Yvette Guilbert et d’Albert Préjean, qui enthousiasmèrent le public, d’un discours de M. Marchandeau, député-maire de Reims et de Lumières de Gloire, de la Wilton-Brockliss-Tiffany. M. de Fooz a eu la plus large part au lancement de cette affaire et les appareils Klang-Film-Tobis se sont montrés à la hauteur de leur tâche.

Les réactions du public au cours des premières séances ont été des plus favorables en raison du spectacle artistique et impeccable présenté dans une salle confortable et luxueuse. Les éloges de la presse locale témoignent du succès de l’Eden et de la sympathie acquise par MM. Perpère frères, dont M. Ernest Penne a écrit qu’ils sont “hommes d’affaires adroits doublés d’hommes du monde courtois et estimés.”

Encore une ville de France, une des plus célèbres et des plus belles qui promet de favoriser l’essor du cinéma et d’accroître le grand public dont dépend l’avenir du septième art.

En 1932, le film “le Juif errant” passera à l’Eden de Reims a partir du 17 juin. En mars 1934, un film exceptionnel y est projeté; King Kong ! La particularité de ce cinéma est qu’il possédait un balcon ainsi qu’un restaurant. En 1950, ce fut le premier cinéma à Reims à proposer des films en 3 D avec distribution de lunettes bicolores (vert/rouge) à l’entrée.

Le cinéma Eden ferme ses portes le 8 juin 1983. Laissant la place à la discothèque L’Echiquier puis Le Versus.

Source : JLJF